Sommeil

J’aurai aimé mourir sur des roches sulfureuses

Et me laisser lécher par des eaux meurtrières

Je mangerais le pain de la journée rieuse

Et me saoulerais de vin comme si c’était hier

Dans les vallées embrumées siffle un chant monotone

Sous la voûte étoilée qui berce son automne

Je m’en irais chanter les tréfonds de mon âme

Pour enfin m’évader du ventre de la femme

De lacs en rivière, de champ en forêt

De l’ombre à la lumière des abîmes aux montagnes

Je glisserais mon corps et lorsque la nuit gagne

Sa retraite de cendres et de sombres arrêts

J’irai voler un petit bout de soleil

Pour qu’il m’éclaire enfin au fond de mon sommeil.